39-45 période de guerre

Les Allemands envahissent la France le 10 mai 1940

La guerre avait été déclarée le 4 septembre 1939, mais jusqu'à ce 10 mai 1940 il ne s'était rien passé en France. On a appelé cette période "la drôle de guerre".
Les Allemands sont entrés en France par la forêt des Ardennes qui n'était pas défendue. Les troupes françaises surprises refluent. En juin, le front est rompu et l'Armée Française est disloquée. Une partie des troupes françaises et des Alliés anglais se replient vers Dunkerque. Une autre recule dans le plus grand désordre vers la Loire. Les troupes de la ligne Maginot sont encerclées sans avoir combattu.  Le Gouvernement Français fut obligé de se déplacer à Bordeaux le 10 juin. Des millions de Français ont fui leur domicile et errent sur les routes dans des conditions difficiles : c'est l'Exode. L'Armistice est alors demandé. Il sera signé le 22 juin 1940. Les conditions sont sévères : L'Armée Française est désarmée et une ligne de démarcation est installée coupant la France en 2 zones.

 

 

L'Appel du 18 juin du Général de Gaulle

 

 

 

 

Devant cette débacle un homme s'était levé : le Général de Gaulle. Le 18 juin il prononce, à Londres à la BBC, son fameux "Appel du 18 juin". Ce discours n'a pas été enregistré par la radio, mais le texte écrit existe.

Cette affiche qui reprend les principaux éléments de son discours a été placardée sur tous les murs de Londres.

La ligne de démarcation

Initialement l'Armistice du 22 juin prévoyait "l'occupation du territoire sans laisser au gouvernement français un espace libre". La défaite totale et rapide de la France, ainsi qu'une partition du territoire n'avaient pas été étudiées par l'Etat-Major allemand.

L'article 2 de l'Armistice prévoyait une partition du territoire français. Le tracé était imprécis car l'Occupant le modifiait régulièrement à l'échelon local.

La ligne partait de la frontière suisse en passant par Dole, Chalon sur Saône, Digoin, Paray-le-Monial, Moulins, Vierzon, Angoulême, Langon, Mont-de-Marsan, Saint-Jean-Pied-de-Port pour rejoindre la frontière espagnole. (voir carte : en vert les zones occupées et en jaune la zone dite "libre". L'agglomération lyonnaise était en zone libre.

Il n'était possible de franchir la ligne de démarcation légalement qu'en obtenant, très difficilement, un Passierschein (laisser-passer) auprès des autorités d'occupation, après maintes formalités.

Le 11 novembre 1942 par réaction au débarquement allié en Afrique du Nord les Allemands envahirent la zone libre. Cela entraîna le 27 novembre 1942 le sabordage de la Flotte française à Toulon.

La ligne de démarcation fut supprimée le 1er mars 1943. 

18 juin à Collonges : sabordage du dépôt pétrolier

Les troupes allemandes avançaient rapidement vers le Sud. A la mi-juin elles étaient déjà dans notre région à Chalon sur Saône. Les gendarmes de Limonest avaient reçu l'ordre le 15 juin de faire vidanger les cuves du dépôt pétrolier de Collonges avant le 18 juin. Mais il n'y avait plus de camions disponibles pour évacuer ces stocks d'essence.

Le 18 juin, dans la soirée, 2 gendarmes sont venus au dépôt de Collonges pour donner l'ordre au responsable d'ouvrir les vannes des stockages et de disperser l'essence dans la nature. C'est ainsi 15 000 m3 qui ont été répandus pendant la nuit dans le sol. Des soldats français du "Génie" auraient dû venir pour mettre le feu à tous ces hydrocarbures répandus. Mais ils ne sont jamais arrivés.

Par la suite, de nombreuses personnes ont tenté de récupérer par pompage cette essence devenue  denrée rare, en creusant des puits dans le sol. Certains avaient même loué des terrains pour organiser ces pompages. Cela prenait une telle ampleur que les Douanes françaises sont intervenues pour faire cesser ce début de trafic.

 

1940 Récupération d'essence en bord de Saône par des pariculiers

 

Une famille de résistants

 

 

La famille Martin-Chauffier.

 

Avant la guerre, Louis Martin-Chauffier est un écrivain reconnu, qui a déjà publié plusieurs romans. Il travaillera aussi pendant 15 ans à une étude de Chateaubriand. Tout en étant bibliothécaire à la Bibliothèque Mazzarine, il a aussi une activité de journaliste. En 1938 il est directeut littéraire de Match et éditorialiste à Paris-Soir.

En 1940, il part en zone libre à Lyon, avec l'équipe de son journal. Il entre dans la Résistance, devenant rédacteur en chef d'un des plus importants journaux clandestins, Libération en 1942.

 

Simone Martin-Chauffier est l'épouse de Louis depuis 1921. En 1940 elle est traductrice. Elle s'occupait aussi du service d'informations et de la bibliothèque au Centre d'Etudes de Politique Etrangère à Paris. En juillet 1940 elle rentre dans le groupe anti-Allemand, avec des collègues du Musée de l'Homme. Le groupe de Résistants s'agrandit et deviendra le premier réseau de la zone Nord à Paris le  Réseau du Musée de l'Homme.


Début 1941, ce réseau se fai tdémenteler par les Allemands. Des amis résistants sont arrêtés. Avec Claude Aveline, crréateur de réseau, ils décident de continuer le combat en zone Sud et de rejoindre Louis déjà en place à Lyon.
La famille est grande. Les Martin-Chauffier ont trois enfants : Jean, Claudie, et Hélène. Ils ont aussi avec eux  Luce, une pupille qui leur avait été confiée.

Il fallait, pour loger tout ce monde, trouver une grande maison à louer dans l'agglomération.


Ils la trouvèrent à Collonges.